Débat sur la Monnaie: Economie Politique ou Politique Economique

Théorie Quantitative de la Monnaie

VIEW ON THE NEW ECONOMY

Vue sur la Nouvelle Economie

Economie Politique ou Politique Economique

MISE À JOUR LE 19 FÉVRIER 2020

Des origines lointaines

Dès la Renaissance, Nicolas Copernic ou Jean Bodin mettent en relation le lien entre la quantité de monnaie en circulation et l’évolution des prix. En effet, l’arrivée d’or suite à la colonisation de l’Amérique entraîne des poussées inflationnistes, principalement en Espagne.

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La théorie quantitative de la monnaie postule un lien direct entre la quantité de monnaie en circulation et le niveau des prix. Selon cette approche, une stimulation monétaire n’a pas d’effets bénéfiques durables sur l’économie, elle ne générera que de l’inflation.

Au XIXème siècle, la théorie quantitative de la monnaie a été approfondie notamment par David Ricardo.

« L’échange lie entre elles toutes les nations du monde civilisé par le nœud commun de l’intérêt, par des relations amicales, et en fait une seule et grande société… La rente est cette portion du produit de la terre que l’on paie au propriétaire pour avoir le droit d’exploiter les facultés productives et impérissables du sol. Cependant on confond souvent la rente avec l’intérêt et le profit du capital, et dans le langage vulgaire on donne le nom de rente à tout ce que le fermier paie annuellement au propriétaire. « Des principes de l’économie politique et de l’impôt », 1817


Karl Marx, pourtant opposé sur de nombreux points à la pensée de Ricardo, est lui aussi un partisan de la théorie quantitative de la monnaie. Celle-ci peut se résumer ainsi : une variation de la masse monétaire se traduit par une augmentation des prix.

Plus de détails les positions de Karl Marx se trouvent dans les pages illustrées et le Sommaire cite ci-dessous.

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more Cahiers d’économie politique, n°13, 1987. Conceptions de la monnaie : un enjeu théorique.

Résumés des articles / Abstracts of the papers [résumés]7 – 13

3 – 208 Argent et désir d’argent chez Aristote et Marx. [article]3 – 17 Arnaud Berhoud

Plan

La théorie de la monnaie- marchandise chez Marx. [article]19 – 46 Carlo Benetti

Adam Smith et la théorie quantitative de la monnaie. [article]47 – 71 Jérôme de Boyer

Les forces accidentelles dans un processus smithien de gravitation : une saisie par un modèle probabiliste. [article]73 – 89 Reiner Franke

Emission et valeur de la circulation chez Ricardo. [article]91 – 104 Jean Cartelier

John Law, précurseur de Keynes et théoricien du circuit ? [article]105 – 129 Marie-Thérèse Boyer-Xambeu

L’offre et la demande de crédit chez Schumpeter [article]131 – 152 Marcello Messori

Anticipations et conventions en situation d’incertitude. [article]153 – 172 André Orlean

Monnaie et Marchandise. [article]173 – 184 Rudolf Hilferding

Quelques réflexions à propos de l’article : « Monnaie et Marchandise» de R. Hilferding. [article]185 – 190 Achille Decot Arnaud Rys

Mesure de la valeur et système monétaire : la tentative de Gray (1848). Textes et commentaire. [article]191 – 208 Jean Cartelier

Sommaires. Cahiers d’économie politique [tables et index]209 – 214

Un peu de technique

L’équation à la base de la théorie quantitative de la monnaie est due à Irvin Fischer, économiste américain du début du XXème siècle. Elle se présente sous la forme :

M×V = P×Y


Où M est la quantité de monnaie en circulation, V la vitesse de circulation de la monnaie (nombre de transactions effectuées), P le niveau des prix et Y le volume de production (autrement dit le PIB).

Cette équation est une identité comptable, pas une théorie en soi. Cependant, les partisans de la théorie quantitative de la monnaie considèrent que V est fixe et que Y est indépendant de la quantité de monnaie en circulation. Dans ce cas, une variation de la masse monétaire se répercute mécaniquement en une variation du niveau des prix. Autrement dit une hausse de la quantité de monnaie crée mécaniquement de l’inflation.

La théorie quantitative de la monnaie sera défendue dans la seconde moitié du XXème siècle par un courant de pensée parfois appelé monétariste, dont Milton Friedman était un des principaux représentants.

Selon Friedman, « l’inflation est toujours et partout un phénomène monétaire en ce sens qu’elle est et qu’elle ne peut être générée que par une augmentation de la quantité de monnaie plus rapide que celle de la production ».

Cette approche ne fait cependant pas l’unanimité chez les économistes et a été contestée notamment par John Maynard Keynes.

Le débat keynésien-monétariste

Pour Keynes, une hausse de la quantité de monnaie peut avoir un effet direct sur l’économie et le volume de production. En effet, si les agents économiques ont plus d’argent en leur possession, ils vont le dépenser ou l’investir, ce qui entraînera une hausse de la production (c’est-à-dire du PIB) et une baisse du chômage.

Economie monetaire s3 [learneconomie.blogspot.com]]

Cela est notamment vrai en cas de crise économique et de sous-emploi des facteurs de production (chômage, usines fermées…). Dans ce cas, comme une partie de l’appareil productif est inemployé, une stimulation de la demande venant de l’augmentation de la quantité de monnaie peut plus efficacement dynamiser l’activité économique.

Selon Keynes, les agents économiques peuvent être victimes d’une « illusion nominale », ce qui signifie qu’ils perçoivent mal les effets de l’inflation sur leur pouvoir d’achat. En conséquence, si la masse monétaire augmente, les prix augmentent, mais la production aussi puisque les agents investissent et consomment plus.

Si les monétaristes reconnaissent qu’une hausse de la quantité de monnaie en circulation peut stimuler l’activité économique à court terme, ils estiment qu’elle conduira mécaniquement à une hausse de l’inflation à moyen terme. En effet, du fait des anticipations rationnelles des agents, ceux-ci anticipent plus d’inflation si la masse monétaire augmente, adaptent leurs comportements en conséquence, ce qui génère de l’inflation sans hausse de la production.

Le débat n’est pas encore tranché entre les monétaristes partisans de la théorie quantitative de la monnaie, et les keynésiens qui nuancent ces conclusions.

Ces différentes visions ont éclaté au grand jour suite à la crise de 2008. Pour les keynésiens, il fallait baisser les taux d’intérêt, voire lancer un assouplissement quantitatif (QE) afin de relancer l’économie en facilitant la création monétaire. A l’inverse, les monétaristes prédisaient que ces politiques allaient générer une inflation galopante. Pour l’instant, la hausse des prix à la consommation reste faible malgré des politiques monétaires très accommodantes.

Mais on observe cependant que les prix des actifs (actions, immobilier) ont sensiblement augmenté. Phénomène annonciateur de la bulle de demain ?

 » La monnaie, c’est bien connu, sert deux desseins principaux. Agissant comme monnaie de compte, elle facilite les échanges (…) En second lieu, elle est une réserve de richesse. Parce que, (…), notre désir de conserver de la monnaie comme réserve de richesse est un baromètre de notre degré de méfiance à l’égard de nos propres calculs et conventions concernant le futur. La signification de cette caractéristique a généralement été négligée (…Ce qui a attiré l’attention était la quantité de monnaie thésaurisé. Mais la quantité thésaurisée ne peut être altérée que si la quantité totale de monnaie est changée (…) tandis que des fluctuations dans le degré de confiance sont capables d’avoir un effet tout différent (…) non pas en modifiant le montant qui est réellement thésaurisé, mais le montant de la prime qui doit être offerte pour inciter les gens à ne pas thésauriser. Et les changements dans la propension à thésauriser, ou dans l’état de la préférence pour la liquidité comme je l’ai appelée, affectent principalement, non pas les prix, mais le taux d’intérêt (….) Ceci, exprimé de façon générale, est ma théorie du taux d’intérêt. « La Théorie générale de l’emploi, de l’intérêt et de la monnaie », 1936

Un État-providence est la prescription contre les révolutions populaires ou populistes

L’État-providence est le diagnostic de la chute du capitalisme qui avait besoin d’un antidote pour digérer les crises et maintenir le rythme de la consommation en stimulant la production et en répartissant la valeur ajoutée entre la main-d’œuvre et le capital sans ingérence des syndicats, des organisations syndicales ou des partis politiques à orientation socialiste.

En ce sens, John Maynard Keynes a renversé la logique d’analyse et de diagnostic de Karl Marx des faiblesses du Capital et les a transformées sous forme de potions thérapeutiques internes sans changer la structure sociale ou la propriété des moyens de production. Dès lors, l’État est devenu le distributeur des moyens d’accumulation du capital et le centre d’équilibre du système capitaliste, séparant la main-d’œuvre des investisseurs en instaurant et en contrôlant de nouvelles règles et législations qui sont la garantie de la reproduction de la main-d’œuvre et de la génération de profit sans parvenir à une confrontation extrême pour résoudre leurs interactions et relations antagonistes. La fin des monopoles a été l’une des premières actions réglementées prises par l’État pour contrôler l’expansion du Capital au détriment de la main-d’œuvre tout en limitant la représentation professionnelle et politique de la classe ouvrière à une gouvernance participative. De nouvelles strates se sont alors formées et intégrées qui sont devenues les intermédiaires et les fournisseurs des services et fonctions connexes que sont les bureaucrates et les technocrates.

remettant en cause les idées de l’économie néoclassique selon laquelle les marchés libres fourniraient automatiquement, à court et moyen terme, le plein emploi, tant que les travailleurs étaient flexibles dans leurs revendications salariales. Il a fait valoir que la demande globale (dépenses totales dans l’économie) déterminait le niveau global de l’activité économique, et qu’une demande globale inadéquate pouvait conduire à des périodes prolongées de chômage élevé. Keynes a préconisé l’utilisation de politiques fiscales et monétaires pour atténuer les effets néfastes des récessions et des dépressions économiques.

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